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La fabrication d'un kilt de A à Z



Venez découvrir avec moi l'incroyable transformation d'un coupon de tartan en kilt magnifique, trésor d'ingénierie textile, par Auld Alliance Kiltmakers !


deux personne en kilt à Glencoe en Ecosse se tienne amoureusement la main

Il était une fois une rencontre fortuite sur les réseaux entre quatre artisans passionnés... Un matin de Décembre Mathilde et Jonathan, kiltmakers français installés à Edimbourg ont franchi les portes de l'atelier de Simon pour échanger quant à une possible collaboration autour des kilt pins, ces broches de métal ornementales qui servent à lester le pan mobile du kilt. Je ne saurais dire comment mais c'est à ce moment précis que tous les rouages de ce projet Tartan se sont mis en mouvement. Ils nous ont présenté leur travail et sous le charme de leurs réalisation nous avons succombé !


De fil en aiguille Simon s'est laissé tenter et je vous propose de suivre avec nous la fabrication de son kilt adoré.


Mais avant de débuter, qu'est-ce qu'un kilt ?


Porté traditionnellement par les hommes des Highlands, le kilt est un vêtement, s'apparentant à une jupe, fait de tartan, une étoffe de laine dont les fils sont colorés et assemblés de manière propre à chaque clan.

Aujourd’hui c’est un emblème culturel national qui traverse le temps, qui protège son porteur du climat intense de l’Ecosse et se balance accentuant la force et la prestance de la démarche de celui qu'il habille.

Homme outlander porte le kilt dans un beau tartan
Jonathan et son Great Kilt

Le kilt, ou great kilt si on parle de la version ancienne, était plutôt un vêtement du quotidien porté autant par les fermiers que par les chefs de clan. De 1745 à 1782 Il fut interdit aux civils, comme l'emploi du gaélique et la cornemuse. C'est à l'époque victorienne que les Ecossais se réapproprient le kilt, sous la forme que l'on connait aujourd'hui. De nos jours c'est une pièce polyvalente qui convient pour une tenue formelle comme quotidienne et portée aussi bien par des hommes que par des femmes, et ce dans le monde entier.






Le tartan

Tartan Glisk de House of Edgar avec composition flammande et fourme d'ambert
Le tartan Glisk et les inspirations de Simon, forge et Fourme
fiche de présentation du tartan glisk de house of edgar

Tout commence peut être avec l'étape la plus compliquée pour nous, les clients, futurs destinataires du kilt. Si Mathilde et Jonathan sont là pour nous conseiller quant aux histoires des tartans, le choix reste quand même crucial et la diversité des tartans proposés est pharaonique car il en existe plus de 13 000 (et il est même possible de designer son propre tartan) !

Après de longs moments de concertation face aux échantillons c'est le Glisk qui a toutefois retenu son attention.


Pour en savoir plus sur le tartan et son tissage je vous invite à aller voir la vidéo que j'ai sortie sur YouTube sur la fabrication d'un kilt et sur la filature de Lochcarron.


Les mesures

prise de mesure pour la couture du kilt . deux mains tiennent un mètre ruban

Trois mesures sont importantes avant de débuter la confection d'un kilt.

Le tour de taille, le tour de hanche et la longueur désirée par le client (même si d'ordinaire le kilt se porte au milieu du genou il est possible de faire un kilt plus long, en prenant toujours en compte les limites de la largeur du tissu.) La plupart des kiltmakers préfèrent prendre ces mesures eux-mêmes car elles peuvent différer légèrement en fonction de la manière dont ils vont travailler.


Il va s'agir maintenant de définir le plissage. Reproduire exactement le motif du tartan, privilégier la répétition d'une ligne unique en particulier, ne garder que les lignes horizontales, ou encore mettre en avant une couleur, il existe énormément de possibilités pour un même tartan.


Ce choix est primordial et c'est celui qui aura le plus d'impact sur le résultat visuel de l'arrière du kilt, la partie plissée. Dans le milieu on appelle cela "lire le tartan pour en dévoiler les secrets", autrement dit, c'est l'étape qui permet d'étudier et comprendre la structure du tartan, et révéler les possibilités qu'il offre.


homme de dos en kilt, on voit bien les plis du tartan de house of edgar
Jonathan et un de ses kilts

Le choix du plissage et son épinglage provisoire seront également le point de départ des calculs à réaliser pour déterminer les dimensions précises des plis. Le nombre de plis ainsi obtenu, combiné aux mesures de la personne à qui est destinée le kilt détermineront la largeur des plis, à la taille et à la hanche, créant une courbe qui épousera parfaitement le dos du futur porteur.


La couture des plis

À la craie, les futurs plis sont tracés minutieusement, puis épinglés et bâtis avec une infinie patience. Commence alors l'étape la plus longue et une des plus technique de la réalisation d'un kilt.


kiltmaker traçant les plis sur le tartan pour fabriquer un kilt

Le bâtit, qui sert à maintenir les plis de manière provisoire, est achevé. Il faut maintenant coudre les plis de manière définitive. La beauté de la pièce terminée repose pour beaucoup sur l'invisibilité des points, cousus à la main, de manière très précise. C'est un travail de fourmis qui demande de la résilience !


mains qui cousent un kilt. Le kiltmaker coud les plis du kilt dans le tartan

Le tablier

Les plis sont terminés, il est temps maintenant de s'occuper du tablier, appelé apron, qui est la partie avant du kilt. Une fantaisie vient ici se glisser dans les finitions car une ou plusieurs bandes de tweed ou de tartan effilochées à la main peuvent venir se glisser sur le côté du tablier. Ces détails, que peu remarqueront, renforcent le caractère unique de chaque kilt et de leur propriétaire. Dans cette partie est également caché un excédent de tissu qui pourra éventuellement être utilisé si le porteur a besoin de plis supplémentaires dans quelques années. Encore une fois cela s'inscrit dans l'idée qu'un kilt est un vêtement pour la vie et qui pourra être transmis aux générations suivantes. C'est l'antithèse de la fast-fashion en somme !


kiltmaker qui couds le kilt de son client avec le tartan glisk de house of edgar

La structure interne

Si il y a une partie qui reste invisible à quiconque observera un kilt achevé c'est l'intérieur, la structure interne, cachée par la doublure. Les plis sont maintenus à l'extérieur par la couture qui à été réalisée précédemment mais il reste ici tout à faire. Sur un kilt sur-mesure il est important qu'il suive parfaitement la cambrure de celui pour qui il est confectionné et pour éviter de rajouter des surépaisseurs peu seyantes le tissu excédentaire des plis doit être retiré.

Le haut des plis est ensuite maintenu par un point un peu plus long. Le fil utilisé pour la confection du kilt est très résistant ce qui lui permettra de subir des tensions sans se rompre !


kiltmaker fabriquant un kilt, on voit les mains de l'artisan au travail sur le tartan glisk de house of edgar

C'est au tour du canva d'être posé. Il s'agit d'une toile très résistante qui ne se déforme pas et qui permettra au kilt de bien garder sa forme initiale. Avec cette toile, le kilt apporte un effet gainant très confortable car il maintient le bas du dos et aide à se tenir droit. Encore une fois la pose du canva se fait entièrement à la main et des points tailleur viennent retenir les pinces qui ont été réalisées pour suivre les courbes des plis. C'est également sur cette partie de tissu rigide que le kiltmaker inscrit généralement les mesures de la personne afin de pouvoir les retrouver en cas de démontage pour l'agrandir ou le rétrécir dans les années à venir. Il peut également le signer et laisser quelques lignes d'incantations pour protéger son futur propriétaire.


pose du canva sur un kilt par le kilmaker, on voit deux main qui cousent

La ceinture et les lanières

Il faut maintenant coudre la ceinture. Beaucoup de kiltmakers font cette étape à la machine, mais ici elle est également posée à la main pour avoir un contrôle parfait. Avant cette étape, il faut coudre les passants qui serviront à maintenir la chaine du sporran, une pochette qui se porte traditionnellement sur le devant du kilt.

La ceinture au niveau du apron doit être parfaitement raccord au fil près, mais elle finira par se décaler car les proportions du tartans sont légèrement modifiées par rapport à l'original, pour coller à la mesure des plis.

Sur la doublure une ouverture est créée pour laisser passer la sangle intérieure, sur le même principe qu'une jupe portefeuille.


artisan kiltmaker qui coud la ceinture d'un kilt en tartan glisk de house of carron

Les chapes qui maintiennent les boucles sont préparées à la main et ont été renforcées d'un petit morceau de canva. Elles sont alignées parfaitement aux lignes du tartan.

Les lanières de cuir sont fabriquées artisanalement à Édimbourg chez MacKenzie Leather, elles sont faites à la demande car la couleur est définie selon les choix du client et en cuir épais pour ne pas s'arracher à force d'être utilisées.


couture des lanières en cuir mackenzie sur le kilt par le kiltmaker

Le pressage

On pourrait croire que le kilt est achevé mais il reste encore une étape primordiale, le pressage ! Pour préparer le kilt à cette partie cruciale tous les plis sont bâtis de nouveau avec un point en zig-zag. Rien ne doit bouger car les plis doivent être nets et bien alignés et leur largeur doit être rigoureusement identique de haut en bas. C'est cette rigueur qui assurera un rendu impeccable au kilt et qui donnera ce swing parfait, cher au coeur des kiltmakers.



Le pressage du kilt à été pour moi l'étape la plus fantastique. Les yeux de lynx de Mathilde et Jonathan venaient confirmer chaque bosses que leur doigts agiles perçaient à jour. Les nuages de vapeur se diffusaient dans l'atelier accompagnées du parfum de la laine chaude et authentique. Le kilt sous nos yeux terminait sa transformation et les plis exposaient leurs arrêtes parfaitement alignées pour la première fois.

Si chaque étape est importante celle-ci termine d'insuffler un peu de l'âme du kiltmaker dans le tartan ce qui rend le kilt si particulier entre œuvre d'art, armure et vêtement.


Et voilà, le kilt est terminé, après une 30taine d'heures de travail il est temps de libérer les plis et de découvrir son swing.

La chaleur du corps va maintenant détendre légèrement les fibres et le kilt va pouvoir épouser les formes de celui ou celle pour qui il a été conçu. Chaque mouvement s'infiltre dans les plis qui s'ouvrent tour à tour comme les évents d'une machinerie extraordinaire. Le travail de précision des kiltmakers se révèle à chaque pas et se met au service de son nouveau propriétaire. De la laine des moutons au vêtement terminé, en passant par les différentes étapes de teinture et par l'atelier, le kilt peut enfin prendre son envol et respirer.



homme de dos en kilt cousu dans le tartan glisk de house of edgar



1 Σχόλιο


sandra b
sandra b
08 Φεβ

Bonjour

Je me lance dans la fabrication d'un kilt pour mon chéri et il y a une information que je ne trouve pas, peut-être pourriez-vous m'apporter la réponse, svp. Est-ce que la profondeur des plis est toujours la même ou est-ce qu'elle dépend du choix de la répétition du motif?

Merci pour ce beau reportage!

Sandra

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